Yabu Pushelberg signe l’aménagement intérieur du bâtiment Pont-Neuf de La Samaritaine

Ancrée au coeur de la ville, dans un quartier en pleine mutation, la Samaritaine a un pied dans son passé Art Nouveau et Art Déco, et un autre dans la modernité.

Basé à Toronto et New York, le studio canadien Yabu Puselberg possède une solide expérience en lieux expérientiels et intérieurs de grands magasins.

Pour la Samaritaine, Glenn Pushelberg et George Yabu ont mis en valeur la structure Eiffel et sa luminosité tout en apportant leur style à la fois raffiné et chaleureux dans tous les étages du bâtiment Pont-Neuf hors étage beauté : un dialogue entre l’enveloppe historique du magasin et leur approche contemporaine. Le visiteur est invité à une expérience d’achat intimiste, conviviale, pleine de surprises et de découvertes sous forme de flânerie chic parisienne. Côté matériaux, Yabu Pushelberg a choisi des matériaux nobles comme ce terrazzo, un clin d’oeil aux pavés parisiens. L’agence a également dessiné le mobilier et les tapis associés avec goût, au bronze et aux touches de ce gris-bleu emblématique du décor d’origine.

Élément architectural emblématique de la Samaritaine, l’atrium qui s’élève au coeur du bâtiment incarne pleinement tout l’esprit de ce lieu de légende. Une attention particulière a été portée à l’aménagement de cet espace, afin de trouver la plus juste façon de rendre hommage à son architecture Art nouveau, tout en introduisant une part de sensibilité contemporaine dans ce vaste volume. Puisant dans l’inspiration contemporaine de structures d’aspect similaire, tels que le Grand Palais ou le Palais de Tokyo, des panneaux de verre courbe montés sur des structures sur mesure en métal entrelacé permettent, sans détourner l’attention de l’architecture Art nouveau d’origine, d’introduire de la modernité dans cet espace par une matérialité plus brute, tout en conservant une référence formelle à l’architecture classique.

Sous les pas du flâneur, les rues de Paris font irruption à l’intérieur du Pavillon de verre grâce à la pose d’un sol dessiné spécialement pour ce projet et inspiré par les pavés de la capitale, tel un fil rouge que l’on retrouve à différents étages de la Samaritaine. Au rez-de-chaussée de l’atrium, l’espace central délimité par les aménagements en verre est mis en exergue par un sol orné d’un motif en référence au style néoclassique français, qui s’inspire des sols des passages couverts parisiens, notamment celui de la Galerie Vivienne. La signalétique du pavillon offre également un clin d’oeil aux plaques des rues parisiennes, pour faire entrer le patrimoine de la capitale à l’intérieur du bâtiment.

Au rez-de-chaussée, dans un volume contigu au Pavillon de verre, se déploie les Coulisses, un espace qui met en scène des jeux entre lumière et obscurité pour créer une ambiance théâtrale, comme si l’on se trouvait dans les coulisses d’une salle de spectacle. Les visiteurs qui entrent dans la Samaritaine côté Seine traversent cet espace sombre, où la modernité se manifeste par des aménagements évidés en métal souple et foncé, qui proposent une déclinaison simplifiée de l’esthétique Art nouveau telle qu’on la retrouve dans l’atrium avec ses ferronneries d’origine.

En face des Coulisses, de l’autre côté du grand atrium, le visiteur découvre la Loggia moderne. Orné d’une colonnade en verre, cet espace offre une ré-interprétation moderne du style Art nouveau, tout en conservant là encore des références à l’architecture classique. Dessinés spécialement pour ce projet, les présentoirs et colonnes aux lignes épurées dessinés spécialement pour ce projet introduisent de la modularité dans cet espace, alors que leur motif Art déco permet un clin d’oeil à leur environnement patrimonial.

L’idée des colonnes est par ailleurs reprise en périphérie du volume, où sont distribués les espaces dédiés aux marques. Chaque entrée de boutique est ainsi délimitée par un cadre en pierre nue qui véhicule une impression de simplicité sophistiquée, pour donner ainsi aux différentes marques la possibilité d’investir les lieux avec leur propre identité.

Ce qui distingue la Samaritaine des autres grands magasins du monde entier, c’est le parti pris du concept qui rompt résolument avec toute prétention au grandiose. Si l’atrium incarne la quintessence d’un vaste volume ouvert, chaque étage offre en revanche une ambiance plus intime, qui renforce ce sentiment de flânerie et r affirme l’esprit très parisien du projet. Plut t que de privilégier une visibilité immédiate sur l’intégralité des trésors qu’abrite le magasin depuis n’importe quel point de vue, l’architecture encourage au contraire le visiteur à ralentir le pas et à se promener de boutique en boutique. C’est alors en s’égarant qu’on fera les plus belles trouvailles. Ce parcours intimiste d bute ainsi au premier étage, dans la Boutique parisienne.

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Photos : © Matthieu Salvaing


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